Reconnaître les insectes des denrées stockées

Charançons, triboliums, capucins, mites : une vingtaine d'espèces peuvent infester silos et cellules. Savoir les reconnaître, c'est déjà commencer à s'en protéger.
Les ravageurs primaires : la menace invisible
Les ravageurs primaires — au premier rang desquels le charançon des grains (Sitophilus granarius et Sitophilus oryzae) et le capucin des grains (Rhyzopertha dominica) — ont la particularité de se développer à l'intérieur même du grain. La femelle y dépose un œuf dans une cavité qu'elle referme, rendant l'infestation totalement invisible jusqu'à l'émergence de l'adulte. Seul un tamisage ou un monitoring régulier permet de la détecter à un stade précoce.
Les ravageurs secondaires : la menace visible
Les ravageurs secondaires — triboliums, silvains, mites des céréales — se nourrissent des résidus et des grains déjà endommagés par les ravageurs primaires ou par une manutention. Plus visibles que les précédents, ils se développent en surface et dans les zones où s'accumulent poussières et résidus, ce qui explique pourquoi un nettoyage des silos régulier limite fortement leur installation.
Les conséquences d'une infestation non détectée
Au-delà de la perte directe de matière consommée par les insectes, une infestation favorise l'échauffement et l'humidification localisée du grain, augmente le risque de développement de mycotoxines, et peut entraîner le déclassement ou le refus pur et simple d'un lot lors de sa commercialisation — un impact économique qui dépasse largement le coût d'un traitement préventif.
Comment les détecter avant qu'il ne soit trop tard
Le tamisage d'échantillons reste la méthode la plus directe pour confirmer une présence. En complément, les dispositifs de monitoring — pièges à phéromones, sondes de température — permettent une surveillance continue, dont l'historique est consultable sur Digipest. Dès qu'une présence est confirmée, trois méthodes de traitement s'offrent selon la filière et la configuration du site : fumigation PH3, traitement thermique ou anoxie.
Questions fréquentes
Les primaires se développent à l'intérieur du grain sain (charançon, capucin) ; les secondaires se nourrissent des résidus et grains déjà endommagés (triboliums, mites).
Le tamisage d'un échantillon et les dispositifs de monitoring (pièges à phéromones) permettent de détecter une présence avant qu'elle ne devienne critique.
Non, sans traitement préalable. Une infestation détectée entraîne généralement un déclassement ou un refus du lot par l'acheteur.
